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Ce n'était pas un poisson d'Avril, ce vernissage
qui avait lieu le premier du mois, c'était l''exposition
photos de Robert Santero sur les murs du hall d'entrée du Théâtre
Toursky. Il semble même que c'est un jour qui porte chance.
Dès le premier regard, qui connaît la photo dans tous ses méandres,
et Daguerre, Niepce et Nadar seuls savent s'il y en a, en a
jugé juste. Rien que par la couleur des œuvres présentées, on
respire le collodion, le révélateur, le fixateur aussi bien
que tous les autres mélanges d'apprenti sorcier à base de ferroprussiate
et composés de bromures de toutes sortes nécessaires aux virages
à tout va. En réalité la photo de Robert Santero est un vague
souvenir de ce qui est réceptionné sur la parois du fond de
la chambre noire. Car ce photographe extrait quelques parcelles
seulement du négatif. A partir de ce moment-là, il se double
en graphiste, en peintre, en infographe ( quel barbarisme !
) et transforme la parcelle première en œuvre d'art originale.
Assemblées symétriquement ou superposés ou tout simplement inversées,
ces morceaux d'images passent à la torture par des procédés
chimiques ressuscités ou inventés. Les teintures viennent après,
jumelées avec des virages chimiques afin d'arriver à la couleur
souhaitée sur les tirages, selon le procédé Colorvir inventé
par Pierre Jaffeux. Et pour bien lier l'ancien avec le nouveau,
Santero se sert aussi de l 'infographie. La boucle est donc
bouclée. Raoul Gortini
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