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Mercredi
5 janvier 2005
LA CHUTE
On aurait pu lui donner un autre titre, par exemple
Quand les rats quittent le navire, mais ce serait idéaliser
ceux qui sont restés, jusqu'au bout, fidèles à leur idéal et à un
monstre. Ce serait approuver les Goebbels qui, avant de se donner
la mort, tuent leurs six enfants.
Alors, La chute me convient parfaitement, car il s'agit des tous derniers jours du dictateur le plus monstrueux que l'humanité ( ou plutôt l'inhumanité ) ait jamais produit. Il s'agit d' Adolf Hitler, retranché dans son sinistre bunker, pendant que l'armée stalinienne s'approche à pas de géant du centre ville de Berlin. Témoin privilégiée, Traudl Junge, à ce jour toujours vivante, secrétaire personnelle du Fürher, a tenu un journal personnel de toute cette période qui a servi de base au film. Certes, Madame Junge édulcore peut-être un peu son statut personnel en jurant qu'elle était rentrée au service d'Hitler presque par hasard, ne faisant pas partie des fanatiques du régime. Soit. On veut bien la croire, car, après tout, à vingt-deux ans, pouvait-on, à l'époque, avoir un jugement clair ? La réponse c'est elle-même qui la donne : oui, elle se sent responsable. Elle en a pris conscience en passant devant la plaque commémorative de Sophie Scholl du mouvement de résistance estudiantin La rose blanche qui a été tuée par les nazis à l'âge de vingt-deux ans ! Elle en a conclu que l'âge n'est pas une excuse dans le choix d'un camp ou de l'autre. Ce film est d'un réalisme tout à fait acceptable. Ceux qui lui reprochent des peccadilles n'ont certainement pas compris que c'est un film et non un collage de bandes d'actualités extirpées aux archives de la Wehrmacht. Les personnages sont tout à fait crédibles et très bien dirigés. Bruno Ganz a eu l'unanimité de la critique pour sa composition, et je m'y joins, convaincu. Je voudrais aussi féliciter tous ceux, y compris les maquilleurs et les coiffeurs, qui ont su prendre soin des détails pour produire un Hitler plus vrai que le vrai ! Qui ne connaît pas le bruit des bombes qui tombent de plus en plus près du refuge dans lequel on a pris place, ne peut pas se rendre compte de l'exactitude du bruitage employé dans ce film. On reproche à Oliver Hirschbiegel d'avoir rendu humain un monstre ! Fichtre ! Hitler dans ses derniers jours n'est plus qu'un rat pris au piège, un rat qui délire encore plus que dans ses beaux jours. Hitler humain ? Et pourquoi pas ? Napoléon, après ses sanglantes campagnes ne se faisait-il pas tout petit ( !) auprès de ses femmes ? Et de nos jours, Pinochet, chez lui, n'est-il pas gentil avec ses chiens, ses fidèles et sa famille ? Les tueurs en série ne sont-ils pas gentils avec leurs voisins ? Allons, bon, quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Alors, messieurs les rouspéteurs, libérez-vous de tous vos complexes, de toutes vos fausses idées et commencez à respirer comme le font les hommes. Regardez la vie autour de vous, comme elle est et non pas comme vous voudriez qu'elle soit. Avec votre comportement intolérant vous êtes en bonne voie pour devenir des mini dictateurs. Prenez conscience que cette histoire est racontée de façon honnête, avec talent et des tripes. Le metteur en scène, les acteurs et l'équipe ont travaillé dans l'excellence. C'est un film. Honnête et sans prétentions. Un bon. Oscar Carchidi
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