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20 Février 2004
Pietragalla et les spectateurs de la Criée pris en otage
?
La cabale continue contre Marie-Claude Pietragalla, qui dès son
arrivée à Marseille a dû se battre contre vents et marées, lisez
plutôt contre les professionnels de la destruction, de la jalousie,
de la paresse et du je-m'en-foutisme, c'est à dire la gangrène qui
sévit à Marseille à l'état endémique.
La rigueur, on le sait, ne sied pas à Marseille.
Je parlais d'ailleurs de cette épidémie néfaste dans un autre article.
C'est une maladie typique de certains pays du Sud : dès qu'un individu,
artiste ou créateur, montre un certain talent et rigueur dans son
domaine, il s'attire les foudres de ceux qui n'ont jamais créé la
plus petite chose. Mais ils sont là, ces hyènes et ces chacals :
tapis, prêt à bondir à la première occasion, omniprésents, langues
de vipères, qui se complaisent à détruire ce que d'autres construisent.
La jouissance de la destruction devient chez certains individus
non pas un art de vivre, mais un vice à assouvir.
Ce sont souvent des individus qui, en principe, devraient " défendre
" les " travailleurs " et les
" travailleuses ".
Il reste dans la mémoire de chaque Marseillais qu'ainsi le Port
autonome de Marseille a perdu une bonne partie du trafic. Il semble
que par la faute des " défenseurs " des " travailleurs " censés
défendre
l' " outil " de travail, le Port se trouva au bord de la faillite.
Il a fallu des années pour rattraper le retard. On ne peut pas garder
aujourd'hui la même façon de travailler qu'au temps des galères…j'allais
dire des trirèmes…
Il est regrettable que sous nos climats la négociation ne fasse
pas partie de notre culture. En revanche, on trouve des spécialistes
de l'affrontement. Et si on peut admettre que la révolte est nécessaire
et vitale quand par exemple le " capitalisme " aveugle veut écraser
la " classe ouvrière ", nul ne peut admettre que des " apprentis
" ou des collaborateurs artistiques d'un créateur se révoltent contre
le Maître.
Cette attitude, pour nous, équivaut à un acte de mutinerie.
Ce qui est pernicieux dans cette affaire est que les autorités de
tutelle penchent du coté des mutinés.
Il y a donc une question légitime que nous nous posons : n'y aurait-il
pas en haut lieu un pyromane qui attise le feu ? Et pourquoi ? Pour
donner la place à un ou une de ses protégés ?
Dessin machiavélique mais qui peut, à court terme, se révéler un
scénario réel.
Qui vivra verra…
Les braves gens qui aboient à tort et à travers ont oublié que le
prédécesseur de Marie-Claude Pietragalla avait quitté les lieux
en emportant avec lui, sans honte et sans vergogne, toutes les chorégraphies.
Elle s'est trouvée donc, dès son arrivée, nue sur une scène nue.
Il fallait qu'elle seule comble ce vide.
Avec 27 pièces du répertoire dont neuf sont ses propres créations,
Pietragalla n'a rien à se reprocher. Le contrat est déjà bien rempli.
Les salles aussi !
Chaque ballet est une vraie création, chaque représentation un triomphe.
Que veut donc de plus le peuple, quand il a le pain, la brioche,
la glace et le gâteau ?
Dans le conflit qui a lieu actuellement au Ballet National de Marseille-Pietragalla,
le syndicat majoritaire est en train de jouer, selon notre perception,
sans aucune règle. En effet la mise en exécution des menaces de
grève concernant les prochaines représentations ( du 11 au 20 mars)
à La Criée, ferait que la CGT prenne en otage non pas seulement
Marie-Claude Pietragalla, mais aussi son invité Tero Saarinen et
le Théâtre de la Criée avec ses spectateurs qui ont d'ores et déjà
acheté les billets.
Etant donné qu'il ne s'agit pas de défendre son pain quotidien,
nous sommes abasourdis par le fait qu'un syndicat puisse édicter,
avec le soutien des autorités de tutelle, des oukases pour faire
taire l'Art.
Oscar Carchidi
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