MENU
Accueil
Le calepin cartésien !
Le n° 0
Profession de foi
Edito
Académie Europe XXI
RUBRIQUES
Art
Cinéma
Danse
Europe
Histoire
Humour
Interviews
LITTERATURE
Local
Musique
Philosophie
Poesie
Politique
Présidentielle
Société
Théatre
  De notre correspondante en Suisse
21 mai 2007

FRANÇAIS, JE  T’ADORE  ET  LE CRIE


     Cocorico !  Hurlons cocorico…Un  petit village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste face aux envahisseurs. Non. Plutôt, notre petit village devrait être peuplé d’irréductibles Français et résister.

    Notre langue française, j’en suis fière et le crie sur tous les toits jusqu’en perdre la voix. Je l’aime et m’en délecte en écrivant une simple liste d’achats ; vous savez, ces bouts de papier collés sur les réfrigérateurs ! Je la sirote jusqu’à écrire n’importe quoi pour le simple plaisir de trouver et d’assembler des mots qui sonnent justes, pour le simple plaisir de jouer avec eux. Je l’adore jusqu’à reconnaître ma subjectivité possible dans sa défense. Je suis en admiration devant ma langue et l’avoue bien volontiers, la défendant face à tous ces jaloux comme cette tour de Babel, banquière sans odeurs, en déconfiture. Jaloux, envieux qui n’ont peut-être même jamais été ne serait-ce qu’un jour une confiture ! Envieux parce qu’en réalité, entre Romands, italophones et alémaniques qui ne parlent pas allemand, soit dit en passant, ils se détestent cordialement.

Notre français provient pour sa majeure partie d’un latin à la syntaxe simplifiée, aux accents gaulois et ayant subi une forte influence germanique. Notre langue a une longue histoire, celle des dialectes où celui de la région parisienne va s’imposer avec Hugues Capet comme premier roi de France ne sachant plus parler le germanique et Paris comme lieu de rencontres. Une histoire avec Jules Ferry qui va installer l’obligation scolaire et l’enseignement en français jusque dans le moindre village de France et de Navarre. Notre héritage commun est un amalgame où chaque mot a son histoire et où chaque mot laisse une trace indélébile. Le français est une langue bien vivante à qui nous devons le plus grand des respects.

Ma langue, notre langue, je t’aime et déteste ceux qui veulent supprimer tes accents qui font ta beauté. Que serait une forêt sans son accent circonflexe, que serait une forêt sans ses arbres ! D’autant que cet accent n’est pas là par hasard ; il est le fruit d’un long passé.
Ton accent circonflexe est devenu un véritable pestiféré. A écouter certains prétendus grands penseurs, il faut simplifier. Ce dernier mot est dans l’air du temps, il est très tendance avec par exemple la chute spectaculaire du passé simple ou encore la simplification phonétique ! Il faut supprimer des hypothétiques difficultés qui sont la force du français. Pourquoi ne pas désigner le lavabo, l’évier et le bidet par un même terme, cela simplifierait aussi !

Pourquoi ne pas faire une loi aussi ! Une loi plus forte que l’Histoire, plus forte que le temps. Mais seul le temps peut bâtir une langue, un langage commun.
Aujourd’hui, il faut s’excuser lorsque nous parlons et écrivons français. Plus faciles les SMS illisibles, incompréhensibles ! En 1990, une rectification de l’orthographe a été suggérée (et ce n’était pas la première) par le Conseil supérieur de la langue française et approuvée par l’Académie française. Suite à cette décision, il faut le savoir, les « anciennes graphies » ne sont plus que tolérées. Alors…Résistons. Ces Hommes plus forts que l’Histoire nous encouragent à adopter ces simplifications, à renier une part de notre héritage !

Allez, simplifions donc la vie des écoliers français ; ils auraient ainsi plus de temps à passer devant la télévision et pourraient regarder, écouter les séries américaines. Ils pourraient ainsi ignorer des parcelles de leur passé commun, ignorer des trésors à portée de leurs mains, de leur esprit. Aujourd’hui, nous devrions presque avoir honte, s’excuser pour notre langue et de ce qu’elle est à en écouter certains. Ce français, descendant d’une longue lignée qui fait encore et heureusement rêver dans de lointains pays. Notre langue est tout de même parlée et écrite dans une cinquantaine d’états. Des millions de personnes courent apprendre la langue de Molière, sont fiers de la manier et sont avides d’en découvrir sa complexité, ses subtilités qui sont sa richesse. Notre richesse.

Maïa  Vercors

Retour haut de page
www.consuls-marseille.eu
www.consuls-marseille.org
Pour nous joindre :
consuls@free.fr
Gestion du site Jean-Luc Valverde
dernière modification Août 2009