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Juillet 2007
Il trovatore

Orange le jeudi 26 juillet 07
Représentation générale

Giuseppe VerdiDirection musicale Gianandrea Noseda    
Orchestre National de France Chœurs des Opéras de Région



Mise en scène Charles Roubaud     
Eclairages Vladimir Lukasevich
Scénographie Jean-Noël Lavesvre  
Costumes Katia Duflot

Leonora Susan Neves
Azucena Mzia Nioradze  
Ines Marie-Paule Dotti
Manrico Roberto Alagna
Il Conte di Luna Seng-Hyoun Ko
Ferrando Arutjun Kotchinian

Enrico Caruso considérait que pour monter avec succès Le Trouvère il « suffisait » de réunir les quatre plus grands chanteurs du monde. Cet opéra flamboyant exige en effet des chanteurs hors pair, pour interpréter  les succession d’airs, de duos, de trios, voire d’ensembles éblouissants.

Lors de cette répétition générale, point de chanteurs hors pair. Aucun des protagonistes de ce soir n’avait la voix du rôle interprété. Comment apprécier Verdi si on n'est pas excité par les voix qui le servent ? L’ennui ou le ridicule n’est jamais loin.
Que dire des voix de cette soirée ? Vocalement bien décevantes.

Je ne parlerai pas trop du rôle d’Azucena, car la titulaire du rôle a dû pour des raisons familiales, laisser la place à une remplaçante.

Seng-Hyoun Ko (le comte di Luna) était souffrant, et n’a pu démontrer, comme il l’avait fait l’an dernier dans Aïda, la puissance et la rondeur de sa voix de baryton. Chant inégal et difficile. Puisse t-il retrouver sa forme pour la première de samedi soir !!

Le timbre de Susan Neves (Leonora) est assez ingrat. Cette soprano a démontré lors de cette générale, un manque certain de technique et une justesse approximative. Par moments, trop rares hélas, quelques notes sonnaient justes et avaient une résonance profonde dans le silence de cette chaude et belle nuit d’été.

Venons en à Roberto Alagna, Manrico. Il avait à ses débuts, un timbre de voix éclatant, et une certain « coffre ». A vouloir courir trop de lièvres, il n’en reste pas grand-chose. A mon avis, un bon comédien, un très bon chanteur d’opérette. La tessiture de Manrico ne lui convient pas. Heureusement pour lui, la majorité du public, ne fait pas le difficile et dispense ses applaudissements, contre vents et marées.  

Heureusement, la magie du lieu est bien là.
Ce mur du théâtre antique d’Orange est superbe. Il a été magnifié par les projections vidéo désormais habituelles, cependant efficaces, sobres mais porteuses. Une petite préférence pour le mur du théâtre tapissé de grandes bougies vacillantes.

La mise en scène de Charles Roubaud, intelligemment classique, est basée sur une  gestion réussie des mouvements  de  foule : soldats, forgerons, bohémiens.

Ma bonne surprise a été ce soir la direction musicale de Gianandrea Noseda, qui a su avec maestria, et grand enthousiasme, (par moment un tout petit peu trop), diriger l’excellent Orchestre National de France. Aucun décalage, aucune approximation, beaucoup de sensibilité, ciselant cette partition magnifique du Trouvère.
Les choeurs sont en tout point excellents.

Mais n’oublions pas que Le Trouvère n’est pas qu’une symphonie, mais un opéra . . .  qui a besoin de voix, de belles voix, de justes voix
Del Monaco, Di  Stefano et Corelli doivent parfois se remuer dans leurs tombes.
Mais il faut bien vivre avec son temps et prendre les chanteurs dont on dispose, pour que vivent et perdurent ces merveilles musicales que sont les opéras.
 Michèle Clavel


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dernière modification Août 2009