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A CHACUN SA DECENTRALISATION
Après la présentation de la réforme de la décentralisation
par le premier ministre, Monsieur Raffarin, à Marseille, vendredi
25 octobre, la région PACA entame sa propre réflexion sur la question.
Ce lundi 28 octobre, les trois coups d'une large consultation populaire ont été lancés par la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur qui veut associer la population à l'écriture du Schéma Régional d'aménagement et de développement du Territoire. Après ce premier rendez-vous, un second est prévu au premier trimestre 2003 pour présenter l'état des travaux et un dernier vers la fin de l'été 2003 pour exposer le projet de schéma. Par ailleurs, seront organisés des ateliers sur une thématique et un territoire précis, des débats, des journaux et enfin un bus d'information et de discussion sillonnera toute la région. La loi d'orientation d'aménagement et de développement durable du territoire, dite loi Voynet donne aux régions la charge d'établir ce Schéma en deux volets : d'une part un rapport de l'état des lieux régional et des projections pour les 20 ans à venir et d'autre part une charte régionale qui fixe des objectifs à 10 ans. Pour ce lancement, trois tables rondes avaient été organisées sur " Construire une société solidaire ", " Vivre mieux " et " Travailler " en Provence, qui regroupaient des conseillers régionaux, des experts et des membres de la société civile. Sur le premier thème, nul ne met en doute la nécessité de la solidarité mais les avis différent sur le rôle de la région : respecter des priorités comme le droit au logement, à la santé et la sécurité, ou plutôt coordonner les différents acteurs de cette solidarité comme l'Etat français, les fonds structurels européens, les autres collectivités territoriales et en particulier le département sans oublier les membres de l'économie solidaire comme les coopératives, les mutuelles et les associations. La défense de la solidarité peut avoir besoin du concours régional pour compenser un faible niveau financier de la politique nationale, par exemple en matière de prévention de la santé dans les lycées ou en milieu professionnelle contre les risques de l'amiante. En ce qui concerne le mieux vivre, André Aschieri, maire de Mouans-Sartoux et adversaire farouche des doublements de l'autoroute A8 a dessiné une région avec de vraies réserves foncières, des zones d'activité pas forcément construites sur des dépôts de déchets et un vrai tourisme rural et culturel. La salle a applaudi à son contre exemple. Un maillage de réseau routier a été souhaité par un orateur tandis que pour un autre l'important était un schéma directeur organisant une réhabilitation foncière digne de ce nom. De son côté, une représentante du collège des salariés du CESR remarquait qu'il fallait que les décisions entrent dans les faits pour ne pas répéter le doublement de Marseille-Aix qui n'a pas encore été réalisé et qui de ce fait ressemble de plus en plus à l'Arlésienne. La culture n'a pas été oubliée comme un outil privilégié d'une plus grande cohésion sociale et d'une identité affirmée grâce à la prise en compte du numérique et au soutien de pratiques culturelles collectives comme le spectacle vivant, le patrimoine et le livre. Sur le thème du travail, élus et professionnels ont souligné les atouts de la région comme Sophia Antipolis, Rousset, Marignane pour l'aéronautique et le développement d' Internet et de l'audiovisuel. Des faiblesses ont été aussi rappelées sur plusieurs plans, chacun privilégiant ce qui lui tient le plus à cœur. Sur le plan de la main d'œuvre, la région PACA, a, pour l'un, une double contrainte avec une population vieillissante et l'absence de professions intermédiaires ; elle risque, pour un autre, un problème d'immigration avec l'élargissement de l'Union européenne ; enfin un troisième déplore que les conditions de travail s'y dégradent avec comme résultat une montée du stress. Sur le plan de l'agriculture, l'entrée sur le marché régional des produits des pays du Maghreb en 2010 fait naître des craintes de concurrence accrue, mais déjà aujourd'hui le problème est déjà pour un autre, le maintien des agriculteurs dans des zones peu rentables comme celles de montagne. Enfin, on réclame un contrôle des fonds publics et privés comme la lutte contre l'économie souterraine. Les indicateurs de l'emploi, de la formation étant simplement passés à l'orange, les chances de dynamique restent faibles sans une politique volontariste. Les projets ne manquent pas : assurer un droit à la formation individuelle pour réduire le travail précaire et sous payé, en particulier celui des femmes chefs de famille monoparentales ; créer dans la région un pôle cohérent de formation d'ingénieurs alliant recherche et entreprise ; rechercher des zones d'activité autour de savoirs-faire ancestraux comme les tissus provençaux à Tarascon ; relancer les services publics ; choisir un tourisme pour la région. Cette liste comme de bon comporte des directions contradictoires, le débat est donc ouvert. La plus grande ambition est de créer des réseaux denses de partenariat et de recherche, une sorte de Silicon Valley par exemple entre Sophia Antipolis et Rousset, avec l'appui bien sûr de la puissance publique comme c'est le cas avec l'opération Euroméditerranée qui s'achèvera en 2010. On le voit, les discussions sur le schéma d'aménagement régional sont lancées, un an de réflexion et d'expression est donné, la parole est maintenant à la population de PACA. Il reste toutefois en suspens la question financière qui doit accompagner le transfert des compétences de l'Etat aux Régions. Il y a senteur d'escarmouches dans l'air. Mireille Bianciotto
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