Après avoir gagné la présidence des Etats-Unis par le trictrac,
jeu par excellence des tricheurs, le Texan Bush s'est lancé dans
l'indécence du poker menteur. Il a, de surcroît, après avoir invoqué
son Dieu et tous les Saints, main sur le cœur et les yeux tournés
vers le ciel, pris en otage ses débiteurs, c'est à dire le Congrès
et le Sénat, et ce qui est pire, la majorité de son peuple, incapable,
comme tout le monde sait, de penser par soi-même. Ainsi a-t-il
pu convaincre ses politiciens de lui donner les pleins pouvoirs
( comment les appeler autrement? ) pour mener en dictateur une
vengeance personnelle contre un individu appelé Saddam, en trucidant
des innocents et en détruisant intentionnellement, - et
je souligne ce mot -, des richesses archéologiques qui faisaient
partie du patrimoine universel de l'humanité. Il est vrai que
Bush et ses acolytes n'ont absolument rien à cirer de tout cela,
car à part les hamburgers et le pétrole, all sounds greek to them.*
Bush et ses vautours ont dû rigoler quand, avant le conflit, les
instances de l'UNESCO leurs avaient demandé de prendre soin des
trésors de l'humanité qui se trouvaient dans les musées d'Irak
et notamment à Bagdad. Les vestiges de six mille cinq cent ans
de la civilisation mésopotamienne, celle du berceau de l'Homme,
ont été pillés par des barbares incultes. Monsieur Chirac, à la
conférence de presse qu'il a donné à Athènes après la cérémonie
de la signature pour l'élargissement, a bien souligné ce malheur
que les puissances occupantes auraient pu et dû éviter. Cette
perte est aussi importante que le gâchis en vies humaines voulues
par un seul homme pour déboulonner un autre homme seul. Bush menteur.
Mais cela ne suffit pas de le dire. Il faut peut-être dire pourquoi
il l'est. Dans la période où l'affaire "Irak" était encore devant
l'ONU, Bush a changé en effet plusieurs fois de prétexte pour
se lancer dans la sanglante escapade. Il a commencé à vouloir
faire croire au monde entier que Saddam, au fi des inspections
onusiennes, cachait des armes de destruction massive, des armes
chimiques et biologiques de je ne sais quelle puissance destructrice.
Bush était un menteur, car depuis belle lurette il savait par
ses avions et ses satellites espions que l'Irak ne possédait même
pas de chars capables de tirer trois balles ni d'infrastructures
capables de produire ne serait-ce que de l'eau de Javel ! Bush
n'ignorait pas non plus, contrairement à ce qu'il a proclamé,
que le repère des terroristes internationaux ne se trouvait pas
en Irak. En voyant que les Nations Unies ne lui auraient pas donné
facilement leur bénédiction et compte tenu que la France, sans
le consentement légal international, aurait usé de son droit de
veto, Bush, en vulgaire tonton flingueur Texan, a décidé contre
toute légalité, contre toute morale et contre tout précepte de
son Dieu de lancer son armada, main sur le cœur et les yeux tournés
vers le ciel, contre un pays qui ne pouvait pas se défendre.
Ses partenaires européens égarés ont peut-être pris conscience,
- un miracle à Pâques, comme dit le Pape, est toujours possible
- que le seul détenteur d'armes de destruction massive est bien
l'Oncle Sam. A propos, les bombes à fragmentation sont-elles "légales"
? Et le napalm ? Et les bombes à neutrons ? Et les projectiles
en uranium appauvri ?
Nous avions écrit dans ce sens déjà avant le conflit et les événements
nous ont donné raison. Pas un seul obus sérieux n'est venu inquiéter
les forces anglo-américaines, aucune bouteille de vitriol n'a
été lancée sur les Américains, aucun cocktail Molotov contre les
Anglais. Bush, le menteur, pour employer un langage diplomatique
de haute teneur, s'est foutu de la gueule du monde. Or dès que
l'Irak a été mis à feu et à sang, le regard des vautours (et non
pas des faucons comme on croit ), se tourne vers d'autres horizons
: la Syrie est déjà dans le collimateur et on louche sur la Corée
du Nord, l'Iran et la Libye. A quand le tour de la France ? Le
Texan ose parler de sanctions envers elle parce que Monsieur Chirac
a brandi son droit de veto. Mais combien de fois les Etats Unis
ont-ils usé du leur ? Bush n'a pas la mémoire courte, il veut
s'imposer par le mensonge et par la force.
Le seize avril au matin, en arrivant a la conférence d'Athènes
sur l'élargissement de l'Europe, Aznar et Blair étaient dans leurs
petits souliers : voitures blindées, vitres teintées, rideaux
noirs et gilets pare-balles. Ils vont certainement se priver pendant
longtemps de vacances tranquilles et de bains de foule. Berlusconi,
quant à lui, avec double gilet pare-balles, entouré par ses gardes
du corps comme un vrai parrain mafieux, prend de plus en plus
des mimiques mussoliniennes avec des beaux mouvements de menton
qui n'impressionnent personne : les gardiens de la Constitution
italienne ont été à la hauteur voulue pour l'empêcher de faire
participer son pays à une association de malfrats.
Le vent semble toutefois tourner et à écouter les petites phrases
informelles, qui peuvent être autant de clins d'oeil, on doit
croire que ces braves garçons, c'est à dire l'Anglais, l'Espagnol,
l'Italien et d'autres encore, se sont sentis 'grugés' par le menteur
universel. Ils ne seront donc pas prêts à se lancer à nouveau
dans une autre escalade. Vous allez voir que Bush finira pour
avoir comme dernière et seule alliée la Turquie… Si Bush et ses
vautours avaient un minimum de culture ils auraient pu méditer
sur le fait qu'à force de rester debout les chevilles de tout
géant deviennent fragiles.
Or le vrai monde occidental, je veux dire le monde civilisé et
mieux encore la grande Europe avec ses quatre cent cinquante millions
de femmes et d'hommes, avec leurs attachement aux valeurs humanistes
est en train de prendre conscience de l'indécence de ce président
U.S. et de sa bande d'affairistes, qui prennent de plus en plus
leurs aises avec des méthodes de vieilles gouapes.
* 'tout leur semble du grec'…paraphrase de 'it sounds greek to
me' du Jules Caesar de Shakespeare.