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Juin 2007 DE
LA PERFIDIE ET DE LA TRAITRISE C’est
le propre du démon de revêtir l’habit du
démiurge pour exercer son influence néfaste sur les
esprits réceptifs aux promesses incongrues. Mais il y a bien un
commencement de déliquescence sociétale quand
l’adoration du démiurge-démon n’est plus un
choix isolé d’un individu en cherche du bol de riz, mais
discipline élevée au rang des vertus primordiales de tout
un pays. Une parentèle avec la paranoïa collective.
En effet le phénomène auquel nous assistons de transfuges perfides et de traîtres joyeux qui se multiplient à la vitesse des rats devrait inquiéter bien les honnêtes gens. Mais peut-on encore penser ‘honnête’ dans le pays de Descartes ?
Le ou les bilans de la dernière campagne présidentielle
française vont ou iront bon train pendant longtemps. Les
empoisonneurs-sondeurs répandent du poison encore plus difficile
à déceler que le milligramme d’arsenic quotidien
administré subrepticement à la personne dont on veut se
débarrasser. C’est seulement à l’autopsie
qu’il sera diagnostiqué, si le médecin qui constate
le décès est assez futé. Il y a à craindre
toutefois, qu’à terme, il n’y aura plus personne qui
puisse ‘peser’ le poison avalé et distribué
à doses mortelles à l’ensemble d’un peuple.
Et cela ne se passe pas dans un pays du tiers monde,
euphémiquement appelés désormais ‘en voie de
développement’, mais bien dans le nôtre.On a retrouvé dans cette campagne présidentielle française un bateleur principal, celui qui in fine a été élu, agiter les vieux miroirs aux alouettes, dont il connaît la technique aussi bien que celle du trictrac. Il a déployé sans vergogne tous les artifices du démagogue expérimenté pour briguer la charge suprême. Nous n’allons pas revenir sur les larcins commis à gauche, à droite, à l’extrême droite et au centre. La liste serait trop longue. Citons seulement les ‘emprunts’ qui vont de Jean Jaurès à Le Pen. Il a déjà oublié le premier mais retenu parfaitement le deuxième. Nous voudrions aujourd’hui faire un bref point sur l’élévation au rang de vertu d’état de la perfidie et de la trahison. On ne peut pas donc oublier que, tout le long de sa carrière, Monsieur Sarkozy a trahi ou bluffé à tour de bras tout ses parrains. Et cela sans aucun état d’âme, le plus naturellement, comme s’il s’agissait d’une vertu. De Chirac à Villepin en passant par Raffarin, la liste est longue, témoins au fil des jours les pages de la presse. Puis, laissant tomber Balladur, il retourne bredouille chez Chirac (qui lui aussi a connu cette situation) pour se faire pardonner. Ce qui est étonnant chez l’ex Maire de Neuilly-sur-Seine est que le syndrome de Vienne (appelons-le ainsi avant qu’on en forge un spécifique, par exemple ‘syndrome élyséen’) semble fonctionner parfaitement pour lui. Les trahis de jadis (je n’emploie pas le terme de cocus) se sont rallié sans honte et ils ont même fait la claque à ses meetings. Ainsi on a pu voir Balladur (‘sait-on jamais s’il y a un strapontin’…) ; Giscard (‘sait-on jamais si la place de Président de l’Europe’…), et la Dame Veille (‘bon sang, que fait-elle dans ce tripot ?!’, s’écria quelqu'un de son bord en la voyant se cacher maladroitement) et d’autres encore. Pour l’honnêteté il faut préciser que seuls Chirac et Villepin l’ont soutenu du bout des lèvres. Eux ils sont des fins connaisseurs. La chose inquiétante est le ralliement d’un tas de personnalités (sic !), oui, un tas !, car pour se comporter ainsi ils ne doivent pas avoir une grande estime en eux mêmes et dans les convictions qu’ils étalaient auparavant. Toutefois je ne me permettrais pas de les qualifier de ‘foutriquets’ comme certains les appellent, car les foutriquets, au moins, peuvent être rigolos. Non, ces individus sans foi ni loi, sont des êtres tristes dont le seul intérêt se résume au bol de soupe (bisque d’homard et caviar, évidemment !). Mais courir derrière les miettes du pouvoir nécessite une ruse et une énergie à toute vapeur. Cela nous ramène un
bref instant à cette injure extrême que de Villiers
lança à la figure de Pasqua : « Charles, il y aura
toujours un bol de soupe chez moi… ».Sarkozy emploie une autre technique ou mieux encore des techniques mixtes, comme un artiste, mais artiste de la débauche en somme. Un peu de persuasion, ce qui inclut aussi un certain charme personnel indéniable y compris la tape sur l’épaule ; un peu de chantage (le passage au ministère de l’intérieur est toujours bénéfique dans ce genre d’affaires) ; la faculté de pouvoir flatter sans rougir ; l’emploi de contrevérités en restant d’aplomb ; la capacité de pouvoir soutenir en même temps un discours et son contraire, et enfin réussir à appâter sans vergogne des cibles bien choisies. On dit que dès qu’un individu parvient à l’Elysée, il est transformé par la charge. Pour les autres, peut-être que fut ainsi. Pour Sarkozy rien n’est encore changé. Peut-être qu’un jour…espérer ne fut jamais un péché. Il avait sans aucun doute commencé à faire miroiter monts et merveilles depuis bien longtemps à ses cibles. Les premiers à se rallier furent les députés UDF, qui n’ont pas seulement trahi leur chef, Bayrou, mais leurs électeurs. Ils se rallièrent par crainte de ne pas être réélus…la vague bleu aurait dû tout emporter sur son passage…. Certes, le chantage à l’élection a marché, et puis collectivement ils ont pris courage…mais, en passant, c’est quoi ce parti de Bayrou ?? Rappelez-vous des autres qui s’étaient ralliés à Chirac…. Et vint le tour d’un certain Besson, inconnu au bataillon, pourtant un député socialiste de la Drôme et secrétaire national de l’économie au PS. Socialiste depuis 1993, et puis d’un coup, vraisemblablement par une prise de bec avec quelqu'un de son parti, décide de changer de camp, publie un chiffon sur Madame Royal et après avoir invectivé Sarkozy, s’y rallie sans état d’âme. A préciser qu’il ne faut pas avoir d’âme du tout pour en arriver là. Ni âme ni face, mais ce sont là des notions à géométrie variable… Et le voila faire campagne pour son nouveau chef qui le gratifie en lui donnant un secrétariat d’Etat. Carrière fulgurante, non ? Au sein du nouveau parti il fait du recrutement chez son ancien…. Je ne sais pas si Kouchner s’est rallié à Sarkozy de sa propre volonté ou poussé par Besson, car je ne lis pas « Gala »…mais, qui a jamais cru que ce monsieur là était socialiste ? La vieillesse pas acceptée est mauvaise conseillère…. Et Jouyet, le copain de toujours du couple Hollande-Royal, qui devient sarkoziste au premier clin d’œil… Quel gâchis, mes amis ! J’en parle pas des autres, un menu fretin digne de le rester….néanmoins avouez que cela fais mal aux tripes de voir que la présidente de Ni putes ni soumises se soit soumise sans résistance…faudrait-il que l’Association change de nom….non, non, vous avez l’esprit mal tourné, très mal tourné….ou Allègre qui a joué plutôt triste en rasant les murs pour des rendez-vous piégés…le Gorille, le beauf de Mitterrand…mais qui sans plus les conseils éclairés de sa femme est redevenu un petit chiot foufou, tantôt avec le PCF, et maintenant avec l’élu à l’Elysée… ![]() Cela dit, il faut faire un constat avant qu’il ne soit pas trop tard. Si en effet dans ces dernières cinquante ans de cinquième république, l’infidélité appartenait à quelques individus qui étaient plutôt des girouettes nées, parfois inconscients, parfois considérant la vie parlementaire comme un jeu de rôle, …vous rappelez-vous d’Edgar Faure ? C’était un monsieur avec beaucoup d’esprit, mais au discours politique fade où seule la forme résistait, qui dans sa longue carrière avait arpenté tous les partis de l’époque…et il y en avait ! Le constat donc est dur : aujourd’hui il ne s’agit pas d’un individu isolé qui change pour amuser la gallérie, comme exploit de potache. Non, aujourd’hui changer de camp, changer pour se rallier au vainqueur, ne doit pas être interprété de façon erronée. Il faut se pencher, selon mon opinion, sur le côté psychanalytique pour la fascination que le vainqueur exerce sur certains individus. Quand le nombre est élevé la société peut être en danger ; les repères s’effacent pour donner lieu...qui sait à quoi ? Je compare cette situation que nous vivons aujourd’hui à la paranoïa collective des hitlériens qui se transforma en schizophrénie meurtrière. Peu d’individus réussirent à résister. Que peut-on s’attendre aujourd’hui, chez nous, dans le pays de Descartes, d’une société qui prône la trahison et qui l’élève au rang de vertu, avec primes et médailles remises en remerciements sur la place publique ? Allons enfants de la patrie… Victor Attison
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