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décembre 2004


QUESTION A UNE REPONSE


Monsieur Armando Spataro, procureur de la République adjoint, coordonnateur de la section antiterroriste du parquet de Milan, répondait sur Le Monde du 12 et 13 décembre 2004 à Madame Fred Vargas, archéologue et écrivain qui avait apporté, sous forme d'un article, une diatribe contre la justice italienne, pour le soutien inconditionnel à son ami, le fugitif Cesare Battisti.
Bien que je ne connaisse le dossier de Monsieur Battisti que par la presse italienne et française, j'adhère entièrement aux mises à point que fait M. Spataro. Mais au delà de ce dossier, Monsieur Spataro fait une envolée lyrique sur la justice dans ces termes : " La justice - soyons clair - n'est pas une vengeance, mais le lieu d'affirmation des règles de l'Etat de droit, et celui qui les viole, d'autant plus s'il tue son prochain, doit payer ". Bravo !
Voilà encore une des grandes idées qui font partie de mon credo depuis ma plus tendre enfance et dont je me sers souvent comme un de mes chevaux de bataille. Néanmoins j'ai à prendre dorénavant quelque distance avec ces belles phrases. Pourquoi ? Par ce que bien qu'on ne puisse faire de commentaires sur des rendus de justice, je suis interloqué, moi aussi, par la justice italienne, qui a relaxé Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien au bénéfice de la prescription. Suffit-il donc, à la justice italienne, d'enterrer quelques dossiers épineux et les ressortir quand il y a prescription ? La justice est ainsi rendue mais le fautif passe entre les mailles du filet. Ubuesque !
Je pense que Monsieur le Procurer adjoint Spataro ne connaissait pas (peut-être ?) au moment d'écrire sa réponse sur Le Monde ce verdict de ses collègues milanais. Certes, Monsieur Berlusconi n'a pas tué et j'en suis presque sûr, ce n'est pas lui en personne qui a tenté de corrompre quelques juges, mais quand on est au sommet d'un empire, même si on ignore ce qui se passe aux 'bas étages' on n'en est pas moins responsable. Ceci dit, la question qu'on peut se poser sans état d'âme est celle-ci : Peut-on encore avoir confiance dans la justice italienne ? Sincèrement je n'attend pas de réponse. Qu'elle soit négative ou positive elle ne serait que mensonge. Car ma question est mal posée. En effet, ce n'est pas dans la justice de tel ou tel pays qu'on peut ou pas avoir confiance, mais dans les magistrats qui l'administrent.

Frank Maurin

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dernière modification Août 2009